" Le vide, on ne peut pas le décrire. Juste ses effets. Me raccrocher à ma vie de con. Impuissance. Envie de passé. Tout recommencer, éviter les erreurs, quelles erreurs ? Voué au vide ? Ecrit. Destin. Et toutes ces conneries. Le moindre geste est pesant. Les yeux rivés au sol. L'indifférence à tout. Haïr les objets. Se distraire, prendre un bouquin, regarder un film, sursis pendant une heure ou deux, puis replonger. Tourner dans Paris, tourner sans but. Ces façades immuables qui abritent tant d'amours bon marché, ces existences grouillantes qui me dégoûtent. Nous... Quelque part, quelqu'un vit sans moi.
Le vide en ce moment, et toutes ces journées vides qui m'attendent et rien n'a d'importance, et pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Et pourquoi n'aime-t-on plus rien, quand on n'est plus aimé ?
S'endormir sans avoir envie de se réveiller, ou se réveiller avec elle à mes côtés.
Mes pleurs avenue Georges-Mandel, entre sa porte et ma voiture, quelques pas ; et cette nuit ultime... déjà du passé. L'avoir vue. Plus belle encore, c'est parce que c'est fini ?
Haïr les lieux ; cette chambre du plaisir devenue hostile, inhabitée. Partir. Parce qu'il faut bien partir. Même si on n'en a pas envie. Partir parce qu'il le faut. Que c'était insoutenable, ce lit qui ne m'appartenait plus, Hell, qui ne m'appartenait plus. Et l'espoir envahissant, persistant, tapi au coin de l'âme et qu'on réprime sans pouvoir y arriver, et qu'on exère, puis qu'on décline de lui-même, jusqu'à la dernière seconde, jusqu'à l'adieu, jusque dans l'ascenseur.
Passer la porte. La rue. Et puis plus rien.
Le vide. "
Je croyais avoir vu tes yeux, lacés dans des courbures de fumée et de cigarette. Je croyais avoir vu tes yeux, mais je vois des fantômes ce soir. Elle me hante. Jusqu'à ma fin. Elle me hante. Je jure que j'ai entendu ta voix, accablée par la conversation. Je jure que j'ai entendu votre voix mais j'entends des fantômes ce soir. Les bars éteignent leurs lumières. Et je bois pendant que le jour se délabre. [Bring me the horizon.]